Kaunas - Le fort IX

Le lendemain, nous décidâmes de visiter le fort IX situé au nord-ouest de la ville de Kaunas. Dans la ville, Vladimir me montra de nombreux bâtiments témoignant de l’importance de cette forteresse qui compta jusqu’à 90000 hommes en 1915, l’imposant bâtiment du quartier général de la forteresse, les bâtiments de l’hôpital, les casernes et entrepôts divers. Sous l’empire, une voie ferrée spéciale longue d'une trentaine de kilomètres permettait aux trains le ravitaillement des forts en vivres et en munitions à partir des entrepôts de la ville.
Vladimir raconta que le fort IX fut construit entre 1903 et 1911 avec des techniques innovantes. Il fut ainsi le premier fort de ce type construit dans l’empire russe. Il disposait d’équipements modernes, systèmes de ventilation et de chauffage, générateurs électriques et d'une solidité accrue grâce à l’utilisation du béton armé. L’ouvrage est dissymétrique et présente six faces. Il est ceinturé par un fossé défendu par deux coffres simples et un coffre double de tête.

L’histoire de ce fort ne s’arrête pas au lendemain de la Première guerre mondiale. Durant l’entre deux guerres le fort sert de prison à la ville de Kaunas. Durant l’occupation soviétique, le NKVD investit les lieux et y interne les prisonniers politiques en partance pour les goulags de Sibérie. Puis en 1941, les Allemands prennent possession du fort. Epaulés par des miliciens lituaniens rassemblent 9000 hommes, femmes et enfants dans le ghetto juif de Kaunas. Ils sont emmenés au fort IX puis exécutés. Par la suite, plus de 5000 juifs y sont encore déportés depuis l’Europe centrale et la France.
En 1958, le fort IX est aménagé en musée en mémoire des victimes. Par la suite, les thèmes présentés sont étendus à l’histoire de la forteresse.

L’accès au fort IX est ici aisé. En s’approchant on aperçoit en premier lieu l’œuvre du sculpteur Alfonsas Ambraziunasn, un imposant mémorial en béton de plus de 30 mètres de haut dédié aux 50000 victimes. Il se trouve à quelques dizaines de mètres du fort IX. Le dessus du fort est accessible ce qui permet de visiter les tourelles d’observation escamotables pour le réglage des tirs d’artillerie.
L’entrée a été modifiée lors de la transformation du fort en prison. Hormis cette verrue, le fort a gardé son allure d’origine. La visite de l’intérieur est fort instructive. Les installations électriques, les portes blindées et autres installations de chauffage sont encore visibles. A l’intérieur des coffres, les murs des postes d’artillerie sont recouverts de liège pour atténuer la résonance des tirs de canon. Les longues galeries souterraines disposent de très peu de lumière naturelle et sont parfois en pente pour permettre le passage d’un niveau à un autre.

Nous nous quittâmes, en nous promettant d’échanger des informations sur nos recherches respectives.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Minsk

Pripiat, le parc d'attraction (5)

Arrivée à la centrale nucléaire de Tchernobyl (3)