En route vers Kaunas



Pour me rendre à Kaunas, j’empruntai un train régional. Les trains régionaux sont lents et effectuent de nombreux arrêts pour desservir par-ci par-là, une gare symbolique située en rase campagne et éloignée de tout village. Pour parcourir la centaine de kilomètres séparant Vilnius de Kaunas, il ne faut pas loin de 2 heures. Par la fenêtre, j'observai, en pensant à ma prochaine étape, les paysages plats de Lituanie. La nature était belle avec des verts profonds et des ciels bas étirant des nuages cotonneux.
Le train entra en gare de Kaunas, je descendis du wagon et surpris je constatai que l’unique voie ferrée se trouvait à flanc d’une colline verdoyante. L'endroit ressemble davantage à la gare d’un village plutôt qu'à celle d'une agglomération de 400.000 habitants. Une femme portant l’uniforme des chemins de fer lituaniens marchait un peu plus loin en direction du seul bâtiment visible des quais, un bungalow préfabriqué faisant office de local administratif. Je la rejoignis pour recevoir des explications. Malheureusement, elle ne s'exprimait qu'en lituanien. Afin de pouvoir m'orienter, je lui demandai de m’accompagner vers un large panneau sur lequel était placardé un plan de la ville. Deux compères, l’un taillé comme une armoire à glace, l’autre de corpulence plus modeste se sont joints à notre conversation car ils parlaient tant bien que mal l’anglais. J'étais non pas à la gare de Kaunas mais à celle de Kaunas1 située à l’est de la ville à l’opposé du lieu où je devais me rendre. Pour rejoindre le centre-ville, il me fallait rejoindre l’arrêt de bus situé à une centaine de mètres en contrebas, puis emprunter le trolleybus de la ligne 5. Je pris congé et me dirigeai vers l’arrêt de bus pour me joindre à un petit groupe de 3 ou 4 personnes en attente. Aucune des personnes ne parlait l’anglais et ne pouvait de ce fait me confirmer la direction que je voulais emprunter. Une pluie fine s’était mise à tomber. Rien d’inattendu puisque Lituanie signifie « le pays de la pluie ». Un trolleybus apparut au loin et s'arrêta près de moi. Ce n’était pas la ligne 5. Les voyageurs disparurent avalés pas le trolleybus et je me retrouvai seul à l’arrêt. Une voiture blanche s’arrêta à son tour au niveau de l'arrêt et je reconnus à l’intérieur du véhicule les deux compères vus précédemment à la gare. Ils me firent signe de monter. Content de cette opportunité, je ne me fis pas prier et je pris place à l’arrière du véhicule avec mes bagages et le véhicule démarra. Ils proposèrent de m’emmener au centre-ville. Le véhicule s’engouffra vers une station-service et s'arrêta non loin des pompes. Le conducteur saisit son téléphone pour passer un coup de fil. Sa conversation resta un mystère mais j'étais convaincu qu'il parla de moi. Le temps s’écoulait, je ne comprenais plus rien aux intentions des deux compères car les réponses à mes questions étaient confuses. Perplexe, je décidai de quitter le véhicule. Je les remerciai et sorti du véhicule, non sans qu’ils m’aient fait part de leurs protestations. Je retournai à pied vers l’arrêt de bus. La voiture blanche revint dans ma direction, stoppa à quelques dizaines de mètres de moi. A distance, on s’observait. Un bus s’arrêta, l’unique personne présente à l’arrêt monta. Je me retrouvai à nouveau seul et la voiture avança doucement pour s’arrêter à ma hauteur. Je commençai à trouver cette attention bien étrange. Ils insistèrent pour me faire monter argumentant que l’arrêt de bus où j’attendais n’était pas le bon. Prenant en compte cette information, je les saluai une nouvelle fois et je traversai la route pour rejoindre l’arrêt de bus 50 mètres plus loin. La voiture démarra et disparu. La pluie se transforma en violente averse. La seule possibilité, si je voulais rester à proximité de l’arrêt de bus était de m’abriter sous l’auvent d’un fabricant de meubles. Une fois à l'abri, j’interpellai les employés pour leur demander vers quel côté il fallait se diriger pour se rendre au centre-ville. Quelle ne fut ma surprise de constater qu’aucune des personnes ne pouvait me répondre. Quel contraste avec Prague, où toutes les personnes rencontrées parlaient une, voire plusieurs langues étrangères. De plus, la seule personne qui parlait l'anglais était incapable de me dire de quel côté se trouvait la ville !
La pluie se fit moins violente et je rejoignis à nouveau l’arrêt de bus bien décidé à quitter au plus vite ce lieu curieux où les résidents eux-mêmes ne savent pas comment le situer. La voiture blanche de tout à l’heure réapparut et se rapprocha de moi à vitesse réduite, mais le bus finit par arriver. Soulagé, je montai à bord. Ces individus étaient-ils de bonne foi ou en voulaient-ils à mon matériel et mon argent ? Le doute persistait.
Une heure plus tard, je me trouvai dans le centre-ville. Il me restait à trouver l’hôtel.


voir les photos :
http://remybrauneisen.free.fr/cap_est/kaunas/

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