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Affichage des articles du 2008

Barcelone, le fort de Montjuic

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Le fort de Montjuïc est situé à 170 mètres d’altitude sur la butte du même nom localisée au sud, à proximité immédiatement de la vieille ville. Sa situation offre une vue panoramique à 360 degrés. Les Bourbons édifièrent le château de Montjuïc au XVIIIe siècle, sur les ruines d'un fort bâti en 1640 et détruit en 1705. Lors de la guerre civile, les partisans de Franco y exécutèrent le président de la Catalogne, Lluís Companys. Le fort de Montjuïc est une forteresse bastionnée aux contours polygonaux. Le corps de bâtiment principal est en forme de pentagone de 100 mètres de côté entièrement ceinturé par un chemin couvert menant aux bastions. Côté mer, les bastions sont à flanc de falaise, côté terre un large fossé avec contrescarpe et glacis protège le fort. photos : http://remybrauneisen.free.fr/cap_ouest/barcelone_fortdemontjuic/

Barcelone, la Casa Mila

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L’appartement a été entièrement restauré, d’une façon remarquable, en respectant le style original de Gaudi. Le mobilier ne provient pas de l’appartement mais est celui qu’on pouvait trouver dans les maisons bourgeoises du début du siècle. Dans les combles se trouve une intéressante exposition sur l’œuvre en général de l’architecte. La terrasse suit les changements de niveau imposés par les arcs caténaires de la toiture, ce qui lui confère un parcours varié et ludique. photos : http://remybrauneisen.free.fr/cap_ouest/barcelone_casamila/

Barcelone, le parc Güell

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Le parc devait être un lotissement pour les familles aristocrates fortunées de Barcelone. Seules deux maisons furent construites dont une fut habitée par Gaudi. Le coût du projet s’envola et fut stoppé par manque d’acheteurs. La ville récupéra le terrain pour lui conférer le statut de parc. photos : http://remybrauneisen.free.fr/cap_ouest/barcelone_parcguell/

Barcelone, la Sagrada Familia

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L’essentiel de l’œuvre se trouve à l’extérieur. La façade de la Passion est la plus récente, moderne et dépouillée elle possède un immense porche avec six colonnes qui rappelle les arcs caténaires chers à Gaudi. La façade de la Nativité a été construite par Gaudi, d’un style néo-gothique dont la thématique biblique est décorée d’innombrables sculptures et moulures représentant fruits et végétation exubérante. Inauguration vers 2030… photos : http://remybrauneisen.free.fr/cap_ouest/barcelone_sagrada/

Barcelone, l'étonnante

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Un style quasi stalinien ! Le récit d’un séjour dans la capitale catalane, n’aurait-il pas sa place sur ce blog ? A part son regard tourné vers l’est, il me paraît vain d’établir un quelconque rapprochement avec la thématique habituellement abordée ici. Mais pourquoi ne m’autoriserais-je pas une légère digression pour continuer à alimenter ce blog en livrant mes impressions à qui veut l’entendre, sur Barcelone qui m’a laissé tout sauf indifférent. C’est ce sentiment mi-figue mi-raisin ressenti durant toute la durée de mon séjour qui me pousse à écrire. Barcelone s’est-elle transformée au point d’en perdre son âme, en eût-t-elle jamais possédé ? S’agit-il simplement d’une vision tronquée résultant du développement de l’industrie du tourisme ou la propagation des effets de la crise financière ? La ville, un temps centre intellectuel et artistique, est devenue une espèce de fastfood au prix d’un étoilé du guide Michelin pour nourrir des touristes avides de culture divertissante et

Retour par Vilnius

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Mon séjour en Biélorussie se terminait. A six heures trente du matin, le train numéro 305 en provenance de Moguilev quitta la gare de Minsk pour Vilnius. Je partageais le compartiment platzkart avec un couple de Biélorusses. Âgés tous deux d’une trentaine d’années, ils partaient en Lituanie pour une semaine de vacances. Lui était cadre dans une banque biélorusse rachetée par une banque russe appartenant elle-même à une banque française. Il me raconta que quelques jours avant, il avait fait visiter, à travers le pays, les succursales biélorusses à un groupe de cadres français. Il n’était pas sept heures du matin que ce même voisin prit son petit déjeuner sous la forme d’un demi-litre de bière. Le passage des douanes biélorusse et lituanienne se fit cette fois-ci sans surprise. De la gare de Vilnius, je rejoignis l’aéroport en bus. Après avoir embarqué, je constatai au travers du hublot un attroupement autour du réacteur droit de l’avion de la Czech Airlines qui devait me ramener en Fran

Zaslavl

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Zaslavl est située sur la ligne ferroviaire Minsk-Molodetchno à environ une demi-heure de la capitale. A l’entrée du bourg se trouvent réunies trois habitations traditionnelles de la fin du XIXe siècle reconstituées selon les maisons traditionnelles de Russie blanche. Je pénétrai dans la pièce discrètement éclairée par une lampe à pétrole reconvertie par les circonstances en lampe électrique. Cette isba, comme les autres, est entièrement meublée et restitue l’ambiance campagnarde qui pouvait y régner un siècle auparavant. Par ici se trouve un samovar posé sur une épaisse table en bois massif dressée devant les banquettes-lits et par-là, un four traditionnel et un vaisselier entièrement garni. Un escalier grinçant me mène au premier étage où se trouve un moulin à grains. Seule l’absence de quelques moujiks nous ramène à la réalité. La ville s’étend sur une colline et possède deux belles églises. La première est catholique et malgré une façade à la peinture écaillée elle s

Viazynka

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Viazynka est un village situé à trente kilomètres au nord-ouest de Minsk. C’est à cet endroit que le poète biélorusse, Yanka Koupala naquit et passa son enfance. De son vrai nom Ivan Loutsévitch (1882-1942), le poète est célébré dans toute la Biélorussie pour son œuvre et est considéré comme le père fondateur de la langue littéraire biélorusse. Universités et parcs portent son nom dans tout le pays. A Minsk, dans le parc Yanka Koupala se trouve, outre une monumentale sculpture en bronze à sa gloire, le musée fondé par son épouse et qui lui est dédié. A la gare de Minsk, je pris le train régional en direction de Molodetchno. Le tortillard roula durant une bonne heure avant qu'il ne se soit arrêté à la gare de Viazynka, réduite à un simple arrêt, perdue dans une forêt; seules quelques babouchkas venues du village voisin bavardaient sur le quai. Une énorme pierre polie sur laquelle est gravée une citation de Yanka Koupala m’indiqua la direction. En arrivant par le chemin, un p

Narotch

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Le taxi me laissa au cimetière militaire allemand qui se trouve à l’extérieur du village. Un carré délimité par des chaines concentre les croix militaires. 1200 soldats allemands y sont enterrés mais seule une partie des croix sont restées en place. Au bout de ce carré se trouve un monument en grès sur lequel se trouve l’aigle impérial en bronze, ailes déployées. Une plaque datée de juillet 1916 dédie ce monument aux soldats du XXIe Corps d’armée tombés pour la mère patrie. J’investiguai les tombes pour déterminer les régiments d’origine des victimes. Elles étaient issues principalement de régiments de chasseurs montés. Le village de Narotch se trouve à trois kilomètres au nord du lac du même nom. L’état-major allemand de la division se trouvait là au moment où fut lancée l’offensive du lac Narotch en mars 1916. C’est pour répondre aux appels du général Joffre que le tsar Nicolas II choisit la région du lac Narotch pour faire baisser la pression à Verdun. L’armée russe concentrait

Postavy

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Postavy est une ville de 20.000 habitants située dans la voblast de Vitiebsk . Le bus passa à côté d’un chasseur Mig -23 exposé à l’entrée de la ville rappelant qu ’une ancienne base aérienne soviétique passée sous contrôle biélorusse s’y trouve. Le seul hôtel de la ville était complet. Il avait été réquisitionné le jour même pour accueillir des sportifs et les clients tout simplement renvoyés… Une importante compétition devait avoir lieu durant la semaine. La réceptionniste eut pitié de moi et essaya de trouver une solution pour me loger. Elle passa plusieurs coups de fil pour négocier mon gîte. La perspective de devoir passer une nuit à la belle étoile s’éloigna mais l’affaire ne semblait pas acquise. Ma nationalité posait-elle problème ? Elle raccrocha le combiné, griffonna une adresse sur une feuille de papier et me la tendit. Satisfait, je rejoignis la place centrale Alleya Plochad pour prendre le bus en direction du lieu indiqué, situé à l’autre bout de la ville. Le

Miadel

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Le matin de bonne heure, je partis en bus pour Miadel. Le ciel chargé de cumulus dispersés laissait largement apercevoir sa couleur bleue et le soleil. L’espace infini s’étendait à perte de vue pour se perdre au-delà de la ligne d’horizon et donnait l’impression d’un ciel vaste mais bas. Le bus arriva à la gare routière située à l’extérieur de la ville. Miadel compte 20.000 habitants et se trouve sur le bord du lac Batorin. Ce lac fait partie du groupe des lacs Narotch qui se trouve dans le raïon de Miadel. Le lac Narotch est, quant à lui, le plus grand du pays et couvre une surface de 80 km². Je rejoignis le centre-ville à pied. De là, j’aperçus le lac Batorin. Les bâtiments de la ville ne se trouvent pas directement en bordure du lac mais un peu en retrait et la distance qui me resta à parcourir pour atteindre le rivage me surprit. Les larges espaces entre la ville et le rivage me firent davantage penser à une ville nouvelle avec une configuration urbaine à l'opposé de cel

Smorgon - La ligne de front

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Lorsque du musée nous revînmes à la bibliothèque, Vladimir Ligouta informé par Boumaï de mon arrivée nous attendait dans le bureau. Nous avons échangé nos points de vue avant de se quitter en fin d’après-midi. J’en ai profité pour visiter le centre-ville. L’église calviniste de l’archange St-Michel que j’avais vue complètement détruite sur les photos prises après les bombardements a été reconstruite à l’identique et se trouve au bout de l’avenue principale. A une encablure de là se trouve l’église orthodoxe magnifiquement située dans un parc à proximité d’un plan d’eau. En début de soirée, nous partîmes visiter un cimetière militaire allemand situé dans la forêt de Smorgon. Boumaï s’était débrouillé pour emprunter la voiture à son fils et il tenait à me faire visiter quelques endroits qu'il jugeait en rapport avec mes recherches. L’hospitalité et la gentillesse des Biélorusses n’étaient pas mises en défaut. Le cimetière se trouvait dans une petite clairière entourée par une f

Smorgon

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Molodetchno et Smorgon sont distants d’une quarantaine de kilomètres à peine. Le bus filait sur une route secondaire traversant des paysages de prairies avec par-ci par-là quelque troupeau de vaches. Aux pâturages succèdent des forêts aux maigres bouleaux. On passe quelques rares villages aux isbas colorées. Ces maisons traditionnelles en bois et aux couleurs vives sont ornées de boiseries sculptées. Des palissades en bois entourent demeures et potagers. A un arrêt, une femme monta à bord, avec à chaque main un seau rempli à ras bord de baies rouges. Elle resta debout à côté du chauffeur, contente de soulager ses bras de son lourd chargement. Elle revenait peut-être des bois pour aller vendre les fruits de sa cueillette ou en faire de la confiture. Le soleil fit son apparition et tapait contre les vitres du bus. La chaleur devenait suffocante. Déjà, le bus pénétrait le bourg. Smorgon est une ville de 40.000 habitants. Elle avait été entièrement détruite par l’artillerie allemand

Molodetchno

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De Grodno, je retournai à Minsk pour aller à Smorgon, ma destination suivante. Minsk est le centre routier et ferroviaire à partir de laquelle la distribution en étoile se fait. Ainsi, il est parfois judicieux, voire nécessaire, de retourner dans la capitale pour repartir sur une autre branche de l’étoile. Molodetchno n’a été qu’une ville de transit. Hormis quelques églises et bâtiments publics dont le Palais de la Culture, elle ne m'a pas particulièrement séduite. Molodetchno se trouve sur la route qu’emprunta l’armée napoléonienne lors de la retraite de Russie après son passage de la Berezina. A cet endroit, eurent lieu de violents accrochages entre les cosaques russes et l’arrière-garde française. C'est en taxi, partagé avec d'autres voyageurs, que j'arrivai dans cette ville et quelques heures plus tard, je repartis en bus, pour Smorgon.

Grodno - Perle du Niémen

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Maison où le poète biélorusse Maksim Bogdanovitch a grandi. De la bibliothèque, je déambulai les rues étroites et j’aboutis sur la place Sovietskaya démesurément grande. Cette perception était d’autant accentuée que la place venait d’être refaite et les arbres qu’on y avait plantés étaient encore de taille modeste. De l’autre côté de la place, j’aperçus la cathédrale Saint François Xavier, majestueuse avec sa façade baroque blanche, construite par les Jésuites et toujours dévolue au culte catholique. Du côté droit la place verse vers le Niémen et les voilures en béton du théâtre dramatique se dressent avec arrogance vers le ciel. La place est fréquentée à toute heure de la journée et jusqu’à tard dans la nuit. Le soir venu, des groupes de jeunes se forment par-ci, par-là pour discuter ou pour des moments plus festifs. Le parc Gilibert commence non loin du Théâtre. Le soleil et la verdure éclatante participent avec les nombreuses familles en promenade à son animation. Ses allées

Grodno - Premier contact

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De Lida, le train m’emmena à Grodno, ville de 320.000 habitants située à une quinzaine de kilomètres seulement de la frontière polonaise. Une importante minorité polonaise y vit. Dans la voblast de Grodno, elle représente près du quart de la population. La ville s’étale sur un plateau surplombant le Niémen, à une position stratégique qui la ballotta successivement d’un état à un autre. Rien qu'au siècle dernier, elle était au début attachée à l’Empire russe, puis elle fût conquise par l’Empire allemand lors de la Première Guerre mondiale, cédée par la Russie bolchévique à l’Allemagne en 1918, proclamée capitale du premier état biélorusse indépendant, intégrée à l’état polonais, incorporée à l’Union soviétique et depuis 1993 à la République de Biélorussie. A mon arrivée, je ne suis pas tombé immédiatement sous le charme de la ville. L’intérieur du bâtiment de la gare a une atmosphère froide, peu de lumière naturelle y pénètre, la décoration est faite de motifs géométriques aux

Lida - J2

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Le lendemain, je remontai à pied Oulitsa Sovietskaya , l’artère centrale de Lida. En partant de l’hôtel on passe une église sur la droite, puis l'école pour enfants des Beaux Arts sur la gauche. Au bout de l’avenue, je bifurquai à droite et j’arrivai une centaine de mètres plus loin au lac artificiel dont une partie du rivage a été aménagé pour l'agrément et la baignade. Le temps était au beau fixe depuis mon arrivée à Lida, et de nombreuses familles s’adonnaient aux joies de la baignade, les enfants jouant au ballon pendant que les parents prenaient un bain de soleil sur la plage de sable. Sur le plan d’eau quelques barques fendaient les eaux plates. A côté de la plage, un coin de forêt aménagé en promenade, avec des allées bordées de marches disjointes en béton et des bancs aux lattes tordues par les rigueurs du climat, accueillait quelques rares promeneurs. Lida est une ville qui donne l’impression d’avoir souffert d’hypertrophie lors de la période soviétique et puis la fail

Lida

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L’après-midi, j’arrivai à Lida en train. C’est une ville de 100.000 habitants située dans l’ouest du pays entre Grodno et Minsk, elle fait partie de la voblast de Grodno. Après avoir quitté la gare, je traversai des quartiers populaires pour me rendre à la gastinitsa Lida , le seul hôtel de la ville, où j’avais prévu de séjourner. L’espace d’un instant, je me crus dans une ville d’Ukraine. Le contraste entre Minsk et Lida était saisissant. L’hôtel Lida est une barre parallélépipédique de six étages à la façade terne et monotone . A l’époque de sa construction, Staline devait être oublié et les architectes revenus sous le diktat de Khrouchtchev à un social réalisme tenant compte des besoins immédiats du peuple réalisent des constructions et oublient les considérations esthétiques. La marque qui fait la particularité de Minsk n’est quasiment pas visible ici. J’accédai au hall d’entrée de l’hôtel par un large escalier en fin de rénovation. Je m'approchai de la réception. Les r

Minsk - Le marché Komarovski

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En revenant de la bibliothèque, je passai au marché Kamarovski. C’est un marché alimentaire permanent ouvert tous les jours sauf le lundi. A l’extérieur se trouve le marché aux fruits et aux légumes. L’organisation n’est pas laissée au hasard, les marchands s’installent à des étals fixes parfaitement alignés en plusieurs rangées. En cette saison, les étalages sont colorés et richement achalandés. Les produits sont frais et odorants, on y trouve en quantité pommes de terre, carottes et choux, les principaux ingrédients de la cuisine traditionnelle biélorusse mais également des herbes, des poivrons, des tomates, des fraises, des cerises, des champignons et toutes sortes de baies. Quelques stands proposent des produits préparés, à l’un, j’ai goûté aux cornichons Malossol qui se déclinent sous différentes formes, à l'autre j'ai testé des salades de choucroute différemment préparées. Une petite zone regroupe quelques babouchkas portant des fichus colorés noués autour de la tête. Ell

Minsk - La Bibliothèque nationale

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Le lendemain matin, je me rendis à la Bibliothèque nationale pour démarrer les investigations. De la station de métro Plostchad Pobedy , la ligne bleue m’emmena à la station Vostok située à proximité de la bibliothèque. Dès la sortie du métro, on aperçoit le bâtiment surnommé par les Minskois « le Diamant ». L’imposant édifice, un bâtiment circulaire surmonté d'un polyèdre complexe, a été inauguré courant 2006. Le quartier de la bibliothèque est récent et la construction de nouveaux immeubles d’habitation se poursuit. Minsk possède un formidable pouvoir d’attraction sur les populations rurales et citadines des autres villes du pays. Les campagnes se dépeuplent progressivement et la capitale ne cesse de s’étendre par des quartiers périphériques nouveaux. Un phénomène universellement connu qui se répète depuis des décennies sur tous les continents mais qui ici est régulé par l’état. Arrivé dans le vaste hall d’entrée, je passai au guichet pour m’inscrire. En quelques minutes

Minsk

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Le lendemain, je pris le temps de redécouvrir la ville. Minsk ne m’est pas inconnue, par le passé j’y avais séjourné à plusieurs reprises. Je retrouvai facilement mes repères. J’avais prévu de passer quelques jours dans la capitale pour faire des recherches à la Bibliothèque nationale avant de repartir pour l’ouest du pays. Minsk est une ville exceptionnelle, une sorte de musée grandeur nature de l’époque soviétique. Chaque année, elle s'ouvre un peu plus au capitalisme, compte davantage de gros 4x4 dans les avenues mais elle a su préserver son âme. Dans le Minsk original, la cohérence architecturale est conservée. Les traditions demeurent solidement ancrées et les Minskois savent rester accueillants et chaleureux. Minsk continue de m'émouvoir, elle est loin du tumulte touristique de Prague et son atmosphère ni fiévreuse, ni excessive reste bienséante et magiquement soviétique. Elle occupe une position géographique centrale et est aussi la plus grande ville du pays q

Bloqué à Goudagaye

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On m’emmena derrière le bâtiment de la douane, à l’intérieur d’une cabane située au fond d’une cour. On me montra un tabouret à côté de la porte et je pris place. Dans la pièce un téléviseur accroché au mur monopolisait l’attention des occupants. Il passait une course de Formule 1, le grand prix de Grande-Bretagne. A côté de moi, un couple de touristes était déjà installé. Un douanier entra suivi d’une femme en pleurs âgée d'une cinquantaine d'années. Elle s’installa sur un tabouret sans s’arrêter de verser des larmes. Elle devait être Russe ou Biélorusse et je me demandai quelle était la raison de sa venue. Son passeport n’était-il pas en règle ? Les douaniers entraient et sortaient de la pièce. A chaque venue, ils profitaient de l’occasion pour suivre la course pendant quelques instants. Il pleuvait à Silverstone et les bolides entraînaient des nuages d’eau dans leur sillage. Les douaniers finirent par quitter tous la pièce. Je questionnai mes voisins. Ils venaient de

En route pour la Biélorussie

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Après quelques heures d’attente à la gare de Vilnius, je me dirigeai vers la plateforme pour prendre le train 306 Vilnius-Minsk de quatorze heures seize. Un court voyage de deux cents kilomètres qui nécessite tout de même quatre heures et quinze minutes. Le train des chemins de fer biélorusses était déjà à quai, je remontai le convoi pour trouver le wagon numéro 2 où j’avais une place réservée. A l’arrière de chaque wagon, la provodnitsa en uniforme bleu se tenait au garde à vous au pied des trois hautes marches qui donnent accès au train. C'est elle qui dans chaque wagon des trains de l’ex-bloc soviétique contrôle la validité des billets, sert des boissons chaudes, distribue le pack couchage, veille à l'ordre et à la sécurité des voyageurs et s'occupe aussi du nettoyage. Arrivé à sa hauteur, l'hôtesse me lança -Vach biliet! Je lui remis mon billet et mon passeport, elle vérifia mon titre de voyage, mon passeport et me pria de monter. Mon wagon de type « plat

Kaunas - Le fort V

Après la colline Napoléon, nous rejoignîmes le fort V qui se trouve cinq kilomètres plus à l’est. Il est situé sur la rive du Niémen. Il présente une architecture dissymétrique avec une antenne fortifiée protégeant la voie d’accès au fort. Une partie du fort est aujourd’hui utilisée comme terrain de paint-ball. Il fait partie du programme initial et les constructions sont comme pour tous les forts du programme initial en briques rouges. Il a subi des transformations importantes à l’époque soviétique pour servir de dépôt logistique à l’armée. Après la visite, nous nous rendîmes dans un immense centre commercial flambant neuf se trouvant le long de Karaliaus Mindaugo en bordure du Niémen pour y prendre un verre. Ce centre commercial avait été ouvert au mois de juin et est rapidement devenu l’endroit branché des citadins de Kaunas, où l'on se réunit pour se montrer. Patinoire, restaurants, discothèque, boutiques de luxe, parking souterrain aspirent les consommateurs et vident le c

Kaunas - La colline Napoléon

Sur le chemin de l’hôtel, j’ai fait connaissance avec Karina et Oleg, un couple d'étudiants. Nous avons sympathisé et après leur avoir exposé la raison de ma présence à Kaunas, ils me proposèrent de m’accompagner en début de soirée au fort V pour le visiter. Kaunas me faisait penser à une ville sur le déclin. Je ne ressentais pas le dynamisme que pourrait afficher la deuxième ville du pays. Nous étions le samedi après-midi, le temps était ensoleillé et le centre-ville était désespérément vide. De nombreux commerces étaient déjà fermés et les rares passants étaient pressés de rentrer chez eux. A dix-neuf heures, en sortant de l’hôtel, je tombai face à une limousine noire. Au volant, je reconnus Oleg, Karina était assise à sa droite. Je m’installai à l’arrière dans les fauteuils moelleux en cuir. Je fis part à Oleg de mon étonnement de voir un étudiant rouler dans une voiture d’aussi grosse cylindrée (il s’agissait d’une Mercedes 500 équipée d’un moteur V8 de plus de cinq litres

Kaunas - Le fort IX

Le lendemain, nous décidâmes de visiter le fort IX situé au nord-ouest de la ville de Kaunas . Dans la ville, Vladimir me montra de nombreux bâtiments témoignant de l’importance de cette forteresse qui compta jusqu’à 90000 hommes en 1915, l’imposant bâtiment du quartier général de la forteresse, les bâtiments de l’hôpital, les casernes et entrepôts divers. Sous l’empire, une voie ferrée spéciale longue d'une trentaine de kilomètres permettait aux trains le ravitaillement des forts en vivres et en munitions à partir des entrepôts de la ville. Vladimir raconta que le fort IX fut construit entre 1903 et 1911 avec des techniques innovantes . Il fut ainsi le premier fort de ce type construit dans l’empire russe. Il disposait d’équipements modernes, systèmes de ventilation et de chauffage, générateurs électriques et d'une solidité accrue grâce à l’utilisation du béton armé. L’ouvrage est dissymétrique et présente six faces. Il est ceinturé par un fossé défendu par deux coffres s

Kaunas - Le fort VI

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Fort VI - Le casernement Le lendemain matin, Vladimir vint de bonne heure à l’hôtel pour m’emmener visiter et photographier le premier fort. La veille, nous avions décidé de porter notre choix sur le fort VI situé à l’est de Kaunas. Nous traversâmes la ville encore calme à cette heure-ci de la journée et arrivés dans les faubourgs de la ville, nous nous engageâmes sur une route étroite qui nous mena au bout d’un chemin de terre. Nous abandonnâmes la voiture devant une haute grille métallique attaquée par la rouille. A pied, nous contournâmes l’obstacle et j’allai découvrir, grâce à Vladimir, les secrets de ce fort. Sa construction dura de 1883 à 1889 et fit partie du programme initial de huit forts. L’architecture repose sur la technique classique des forts russes de cette période. Les constructions en briques rouges sont complétées sur le dessus par des couches de terre de plusieurs mètres d’épaisseur. L’ouvrage est symétrique et présente six faces. Il est ceinturé par un fossé dé

La forteresse de Kaunas

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J’avais réservé à l’hôtel Kauno Arkivyskupijos situé au cœur même de la vieille ville. Je descendis du trolleybus à Kauno Pilis . A pied et harnaché de tout mon barda je me dirigeai vers le château de la ville datant du XVIe siècle, pour le longer et je débouchai sur la place Rotušės où je devais me rendre. Je scrutai les bâtiments pour localiser l’hôtel. Je ne l’aperçus pas tout de suite car il s’agissait d’une bâtisse un peu inattendue. Coincé entre une église et un porche qui donne accès à une belle cour intérieure, l’hôtel se trouve être un bâtiment appartenant au diocèse de Kaunas. Après avoir trouvé la discrète porte d'entrée, je sonnai et la réceptionniste vint m'ouvrir. La chambre est propre, fraîchement rénovée et d'une sobriété toute religieuse digne d’un monastère. La réceptionniste qui fait également office d’administrateur est une étudiante en biologie qui partage son temps entre la faculté et son travail à l’hôtel. La personne est agréable et son décollet